vendredi 25 mars 2011

Lettre à M. Patrick Beaudouin

Nous reproduisons ci-dessous une lettre déposée hier à la mairie de Saint-Mandé, à destination de M. Patrick Beaudouin.

Saint-Mandé, jeudi 24 mars 2011
Monsieur le Maire,
Les médias rapportent depuis quelques jours les hésitations d'une partie de l'UMP au sujet de l'attitude à adopter lors du second tour des élections cantonales, qui voient malheureusement le Front national se maintenir dans de très nombreux cantons. Dans le Val-de-Marne, le FN sera ainsi présent dans 8 cantons sur 25 : il y affrontera le Parti communiste dans 5 cantons, le Parti socialiste dans 3 cantons. Dans ces duels, les résultats du premier tour placent en bonne position le candidat de gauche arrivé en tête et désormais soutenu par l'ensemble de la gauche gouvernementale. Pour autant, aucune élection n'est jamais acquise, et la présence du FN à un second tour ne saurait être prise à la légère.
La question qui se pose aujourd'hui est donc simple et reste, à notre connaissance, sans réponse de votre part à ce jour, ce qui explique le caractère public de notre démarche, tout comme son caractère d'urgence : appelez-vous les électeurs à faire obstacle au Front national en votant dimanche 27 mars, dans les cantons concernés, pour ces candidats de gauche?
Vous avez été conseiller général du Val-de-Marne pendant près de quatorze ans, vous êtes maire de Saint-Mandé depuis 1995, député depuis 2002, membre important de la fédération départementale de l'UMP, et à ce titre vos prises de position ont une portée politique particulière. Vous n'êtes bien sûr propriétaire d'aucune voix, mais les mandats que vous ont confiés nos concitoyens à plusieurs reprises vous donnent une responsabilité singulière dans l'espace public. En outre, dans le contexte médiatique actuel, marqué par une grande confusion, les électeurs de la 6e circonscription du Val-de-Marne sont en droit de se demander quelle est votre position exacte, sur une question qui, sans toucher immédiatement les villes de Saint Mandé, Vincennes et Fontenay-sous-Bois, revêt à l'évidence une dimension nationale.
Le président Jacques Chirac, dont la réélection en 2002 avait été portée par des millions de voix d'électeurs de gauche et avait fortement conditionné la victoire de l'UMP aux élections législatives suivantes, a toujours, pour sa part, eu conscience de la gravité de ces questions. Cette conscience l'a amené, comme vous le savez, à toujours refuser la moindre équivoque dans ses consignes de vote en cas d'interférence du Front national.
La question qui se pose aujourd'hui est donc sérieuse et ne souffre, selon nous, aucune hésitation, aucun délai ni aucune ambiguïté sémantique. Elle dépasse largement le cadre des élections en cours, et touche aux principes mêmes de l'engagement politique. Il ne s'agit pas de savoir si un électeur de droite « peut », si le cœur lui en dit, voter pour la gauche au deuxième tour face au FN. Il s'agit de savoir si cet électeur a le devoir moral de le faire, de la même façon que les électeurs de gauche ont, selon nous, le devoir moral de voter pour la majorité présidentielle là où cette dernière reste seule en lice contre le FN.
Au surplus, est-il besoin de le dire, s'abstenir ou voter blanc dimanche prochain ce n'est pas combattre le Front national, c'est à l'inverse mettre sur un plan d'égalité le Front national et des partis de gouvernement ayant dirigé quinze ans la France au cours des trente dernières années.
Pour finir et à titre personnel, il ne nous est pas indifférent de connaître votre position, nous qui vous côtoyons depuis plusieurs années au conseil municipal de Saint-Mandé et qui pensons partager avec vous, au-delà de nos désaccords politiques notoires, certaines valeurs républicaines essentielles.
Dans l'attente de votre réponse, nous prions de croire, M. le Maire, à l'expression de nos salutations distinguées.

Les conseillers municipaux du Parti socialiste, d'Europe Écologie Les Verts et du Parti communiste: Geneviève Touati, Benoît Ains, Brigitte Arthur, David Gréau et Michel Mahérou

lundi 21 mars 2011

Mobilisés pour le logement social à Saint-Mandé

Nous étions ce week-end mobilisés avec les militants et sympathisants socialistes pour la défense du logement social à Saint-Mandé. Malgré le retour du froid et le contexte très marqué par les événements internationaux, l'accueil positif et l'intérêt manifesté par les Saint-Mandéens à l'égard de notre initiative témoigne de l'urgence de la situation et de la gravité de la crise du logement dans notre ville.
En effet, la politique a minima menée par la municipalité UMP en place n'est pas à la hauteur des enjeux: immeuble vendu au privé, opacité des décisions, quantité de logements sociaux largement insuffisante même lorsque le foncier est disponible, manque d'ouverture dans les mécanismes d'accession à ces logements, etc. La loi SRU, dont les vertus en terme de cohésion sociale sont aujourd'hui reconnues même à droite, mérite mieux que cette attitude faussement fataliste, défensive et étroitement conservatrice, qui semble orientée par la recherche permanente de l'entre-soi.
L'intégralité du tract diffusé est à retrouver sur le blog de la section PS de Saint-Mandé.
Geneviève Touati et Benoît Ains, élus socialistes

lundi 28 février 2011

Terrain EDF: l'occasion manquée

"Tranquillement", "sereinement" sont des qualificatifs régulièrement employés par le maire et sa majorité pour qualifier leur politique municipale.
En matière de logement à Saint-Mandé, stagnation et mauvaise volonté seraient des termes plus appropriés. Ceux qui ont assisté à la réunion publique concernant le devenir du terrain EDF rue du Cdt Mouchotte auront pu vérifier ce que nous indiquions dans le dernier BMO : une quinzaine de logements sociaux au plus, et de surcroît réservés au personnel de la défense, seront réalisés. En termes de foncier disponible ce terrain était actuellement la dernière opportunité qui se présentait pour réaliser des logements locatifs accessibles au plus grand nombre.
Alors que d’autres communes de la région parisienne de tout bord réfléchissent et mettent en œuvre des politiques pour essayer de remédier à la crise du logement (encadrement des loyers, obligation de 20 % de logements sociaux lors de la réalisation de nouveaux programmes immobiliers), à Saint-Mandé on refuse le moindre effort. Pas de mixité sociale à Saint-Mandé : que ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter ou de payer des loyers exorbitants aillent se loger ailleurs ! La majorité n’a-t-elle pas préféré il y a peu vendre des appartements propriété de la commune, rue de l’abbé Pouchard, alors que six logements pouvaient être loués comme nous le demandions ?
Et qu’on ne nous oppose pas l’existence de quelques opérations en cours : ce sont les mêmes depuis des années ! A ce jour, le nombre de réalisations effectives de logements sociaux à Saint-Mandé est minime. Rappelons que Saint-Mandé fait partie, avec Neuilly-sur-Seine, des cinq villes de France déboutées par la Commission nationale de leurs demandes d’abaissement de l’objectif de logements sociaux pour la période 2008-2010.
Pour nous élus socialistes, la totalité des logements qui vont être construits sur le terrain EDF devraient être réservés à la location avec des loyers modérés. Dans le contexte de crise que nous traversons, le choix de la majorité municipale, qui est un choix politique, est particulièrement inacceptable.

Geneviève Touati et Benoît Ains, élus socialistes
Tribune à paraître dans Saint-Mandé Infos n° 166 (février-mars 2011)

mercredi 15 décembre 2010

Chèque vacances: une avancée...

Relayant depuis près de deux ans la demande de nombreux Saint-Mandéens, et notamment de familles, souhaitant pouvoir utiliser les chèques vacances pour le règlement des activités proposées par la ville, nous avons enfin obtenu partiellement satisfaction. Il sera dorénavant possible d’utiliser ces chèques pour l’accueil loisir des mercredis et des vacances scolaires ainsi que pour certaines activités sportives.
Pour l’instant les activités proposées par les maisons pour tous ne sont pas concernées. Nous avons demandé en conseil municipal la raison de cette exclusion. Comme souvent, la réponse fut peu claire…
Nous allons continuer à réclamer que le nécessaire soit fait pour une utilisation du chèque vacances généralisée à toutes les activités proposées par la ville et pouvant relever de ce dispositif. Espérons qu’il ne faudra pas attendre de nouveau deux ans pour obtenir satisfaction sur ce point !
La lenteur dont a fait preuve la majorité municipale dans cette affaire qui ne présentait aucune complexité –contacter un organisme et définir les activités qui peuvent réglementairement être prises en charge par un tel dispositif- est révélatrice d’un désintérêt manifeste face aux préoccupations de la vie quotidienne de nombre de Saint-Mandéens. Ce n’est pas la première fois que nous le déplorons et ce ne sera sûrement pas la dernière.

Geneviève Touati

Une opportunité d'obtenir la construction de logements accessibles à tous

Le 10 janvier prochain, une réunion publique se tiendra à 19h à l’école Tillon sur les projets concernant le terrain EDF, rue du Cdt Mouchotte. Il y aurait là une occasion pour la commune de rattraper son retard en matière de logements sociaux, dans le contexte de crise du logement que nous connaissons en région parisienne. Or il ne semble pas que la municipalité s’engage sur cette voie. Sur une soixantaine de logements, plus des deux tiers seront des logements en accession à la propriété, ce qui à Saint-Mandé signifie des logements proposés à un prix du mètre carré les rendant inaccessibles à des familles moyennes.
Nombre de Saint-Mandéens sont du reste conscients qu’aujourd’hui ils ne pourraient plus acquérir le logement dont ils sont propriétaires tant les prix ont flambé au-delà de toute raison. Des locataires ayant toujours vécu à Saint-Mandé sont, à la faveur d’un congé pour reprise ou pour vendre, contraints de quitter notre commune. Les loyers atteignent des prix indécents.
Cette situation n’est pas acceptable. Certes, le problème n’est pas spécifique à Saint-Mandé. Mais en revanche, ce qui l’est c’est une volonté très réticente de la majorité municipale d’y remédier. On pourrait citer maints exemples de ce comportement mais la place qui nous est octroyée est limitée. Il est clair que si la loi SRU ne comportait pas de pénalité, elle serait restée totalement lettre morte dans notre commune. Le maire a toujours justifié le peu de logements sociaux à Saint-Mandé par l’absence du foncier sur la commune.
Or il existe présentement une opportunité. Elle doit être saisie. Dans le contexte de crise du logement que nous connaissons, le terrain EDF ne doit pas servir à une nouvelle opération immobilière de prestige. Mobilisons-nous pour obtenir la construction de logements accessibles à tous. Venez nombreux à la réunion publique du 10 janvier.
A toutes et à tous nous fêtons de joyeuses fêtes de fin d’année!

Geneviève Touati et Benoît Ains, élus socialistes
Tribune à paraître dans Saint-Mandé Infos n° 165 (décembre 2010 - janvier 2011)

mercredi 24 novembre 2010

Taxe d'habitation: une augmentation inadmissible

Combien d’entre-nous ont eu un mouvement de recul en prenant connaissance du montant de notre taxe d’habitation pour l’année 2010 et de sa hausse exorbitante ? La majorité municipale ne manquera pas d’invoquer le contexte économique et de se défausser sur le département. A ceci près que le contexte a bon dos quand il est la conséquence des décisions économiques désastreuses d’un gouvernement soutenu par notre député-maire et sa majorité. Quant au département, il est évident qu’il n’est pas responsable de la hausse décidée à Saint-Mandé. Il faut également rappeler que l’Etat n’a pas rempli ses engagements financiers envers cette collectivité dont l’action en matière sociale, avec notamment la prise en charge du handicap ou encore en matière d’éducation avec les collèges, sont des réalités qui bénéficient à tous. Mais s’agissant de Saint-Mandé, la hausse des impôts locaux est d’autant plus difficile à admettre qu’elle ne s’accompagne d’aucune contrepartie en matière de services et de tarification pratiqués par la commune.
En premier lieu, la taxe d’habitation augmente mais également tous les tarifs des services et activités proposés par la ville. Ces tarifs sont d'ailleurs plus élevés que ceux pratiqués dans les communes qui nous entourent. De plus, en ces temps difficiles, des mesures qui pourraient être prises pour aider nombre de Saint-Mandéens ne le sont pas : ainsi en est il du quotient familial dans la restauration scolaire mis en place par de plus en plus de communes de tout bord politique mais refusé par la majorité municipale saint-mandéenne. Autre exemple : un nombre croissant de salariés bénéficie aujourd’hui de chèques-vacances. Conformément au souhait exprimé par de nombreux Saint-Mandéens et notamment les familles, nous nous évertuons à réclamer la possibilité d’utilisation de ces chèques pour payer les inscriptions aux activités proposées par la commune. Depuis pratiquement deux ans, il nous est répondu que l’on va se renseigner pour savoir si cela est autorisé…
En second lieu, cette hausse n’a pas davantage pour corollaire de permettre de répondre à des besoins de la population. Combien de familles attendent désespérément une place en crèche ! Et pourra-t-on faire face à l’augmentation inéluctable des soins à domicile pour les personnes âgées ? Enfin, on ne peut que s’étonner sur les choix opérés par la municipalité en matière de dépenses au regard de l’intérêt général. Le réaménagement de l’avenue Sainte-Marie était il bien une priorité quand on constate l’état de l’avenue du général de Gaulle empruntée quotidiennement par un grand nombre de Saint-Mandéens et dangereuse pour les piétons ? Ne pourrait-on faire l’économie de certaines dépenses ? L’installation de la video-surveillance dont le coût de maintenance est important s’imposait-elle à Saint-Mandé ? Jusqu’à présent le bénéfice de cette installation est loin d’avoir démontré son efficacité : elle n’a pas empêché l’attaque d’un établissement bancaire proche de la mairie ou le vol d’un défibrillateur près du métro, ni permis l’interpellation des auteurs de ces faits. Nous avions réclamé avant l’installation de ce dispositif que nous soient communiqués le nombre exact d’infractions commises sur la commune, celui des interpellations et les réponses judiciaires qui y avaient été apportées. Nous avons réitéré depuis cette demande. Nous attendons toujours la réponse. Ainsi, la taxe d’habitation finance la maintenance d’un équipement dont l’utilité n’est aucunement démontrée.
Nous supportons aussi le poids de la pénalité de la loi SRU par suite du refus pendant de nombreuses années du maire et de sa majorité d’appliquer cette loi afin de parvenir à 20% de logements sociaux sur notre commune. Et que dire de certaines subventions et participations à des opérations de communication que nous avons refusé d’approuver ?
Ainsi, les tarifs augmentent, des besoins indispensables ne sont pas satisfaits, des dépenses sont engagées sans réelles justifications. Dans ces conditions – et il ne s’agit là que de quelques exemples - cette hausse de la taxe d’habitation n’est pas acceptable et c’est bien ce que pensent un bon nombre de Saint-Mandéens.

Geneviève Touati et Benoît Ains, élus socialistes
Tribune publiée dans Saint-Mandé Infos n° 164 (novembre 2010), p. 52

samedi 2 octobre 2010

Mobilisés pour la défense des retraites!

Nous étions ce samedi au côté des millions de Français, salariés du public comme du privé, indépendants ou patrons de PME à défiler dans tout le pays contre la réforme des retraites, à la fois injuste et régressive, que le gouvernement a décidé d'imposer au mépris de tout dialogue social.
Geneviève Touati et Benoît Ains (sur la photo, en compagnie de David Dornbusch)

vendredi 24 septembre 2010

Ne pas se taire face à la xénophobie

Elus de gauche, nous devons dire ici notre profonde indignation face à la politique de stigmatisation qui se développe dans notre pays et qui jette à la vindicte publique des catégories entières de population, Roms, gens du voyages, étrangers ou encore français d’origine étrangère considérés comme étant par nature des fauteurs de troubles.
Notre Constitution interdit les discriminations d’origine, de race ou de religion. L’expulsion des Roms est inacceptable tout comme l’est l’amalgame entre immigration et délinquance et qui fait de l’étranger le bouc émissaire a priori suspect. L’instrumentalisation des problèmes de sécurité pour masquer l’échec d’une politique économique et sociale doit être fermement combattue.
Il est de notre devoir de nous élever contre la politique sécuritaire actuellement mise en œuvre. Et qu’on ne vienne pas nous parler de laxisme ou d’angélisme alors même que cette politique vient d’être condamnée par l’ONU, par la commission européenne et par des autorités morales telles l’Eglise catholique. La nécessaire défense de la sécurité publique dont nul ne conteste la légitimité ne saurait autoriser des dérives xénophobes. Après les Roms, qui sera jugé indésirable et expulsé ?
Nous ne devons pas rester silencieux et nous mobiliser notamment aux côtés des associations de défense des droits de l’homme. On ne peut non plus accepter ce discours développé par la droite (notamment à Saint-Mandé) et qui consiste à suspecter les plus modestes et des plus démunis de profiter du système, de ne pas savoir gérer leur budget, voir même de frauder. N’a-t-on pas entendu un député de la majorité présidentielle proposer tout récemment que le chèque de rentrée scolaire soit remplacé par des bons d’achat, suggérant par là-même que les familles modestes n’utiliseraient pas cette allocation à bon escient ? Est-il acceptable en 2010 que l’on puisse considérer comme anormal qu’une personne qui sollicite une aide ponctuelle possède un téléphone portable ?
Discrimination à raison des origines, méfiance vis-à-vis de ceux qui sont différents ou que notre société a laissés de côté, la notion de fraternité inscrite aux frontons de nos mairies est bien mal en point.

Geneviève Touati et Benoît Ains, élus socialistes
Tribune publiée dans Saint-Mandé Infos n° 163 (septembre-octobre 2010), p. 56

vendredi 16 juillet 2010

Mais que cherche le maire en imposant le jumelage de Saint-Mandé avec Akko ?

Notre indignation partagée devant les méthodes de voie de fait utilisées par le maire et les membres de sa majorité conduisent les élus socialistes et Verts à écrire cet article en commun.

Le 22 juin dernier, à la fin du conseil municipal, aux alentours d’une heure du matin, le maire a abordé dans la rubrique « questions diverses » le sujet des relations extérieures de Saint-Mandé, à savoir le jumelage débattu depuis longtemps avec une ville irlandaise, un « partenariat amical » avec une province de Corée du Sud (à mettre en relation avec le fait qu’il est membre du groupe d’amitié France-Corée à l’Assemblée Nationale), et un jumelage avec la ville israélienne d’Akko (ou Saint-Jean d’Acre), demandant aux conseillers présents de voter sur l’heure, alors que ces questions n’avaient pas été inscrites à l’ordre du jour et que les conseillers ne disposaient pas d’éléments.
Les conseillers d’opposition (socialistes, Verts et communiste) ont refusé la tenue de ce vote qui se serait déroulé dans des conditions entachées d’illégalité, entraînant la fureur du maire et d’une partie de sa majorité.
Si le bien fondé d’un jumelage avec l’Irlande nous paraît évident, si un « partenariat amical » avec la Corée du Sud nous laisse dubitatifs bien qu’il soit habillé de protection de la biodiversité, un jumelage avec une ville israélienne nous semble pour le moins peu pertinent.
Les arguments du maire sont les suivants : ville multiculturelle (30 % de la population est arabe), au passé chargé d’histoire, avec une population francophone en augmentation du fait de l’installation récente de Français venus s’y installer, Akko entre en résonance avec Saint-Mandé grâce à la proximité du château de Vincennes qui évoque le « glorieux » temps des Croisades et la présence française en Terre Sainte ! Ce jumelage permettrait de contribuer au dialogue et de faire avancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens.
Nous, conseillers de l’opposition, sommes bien évidemment en faveur de toute initiative qui permettra d’aboutir à ce que ces deux nations se parlent et puissent vivre l’une et l’autre en paix, dans des conditions justes et équitables.
On ne fait la paix qu’avec ses ennemis, c’est pourquoi comme nous l’avions déjà proposé au maire il y a deux ans, tout jumelage avec une ville israélienne doit pour nous s’accompagner d’un jumelage conjoint avec une ville palestinienne. Et ces jumelages doivent faire l’objet un programme d’actions conjointes validées par les trois parties. Ce n’est certes pas facile, mais le dialogue entre deux nations en conflit n’est jamais facile et la recherche de la paix est à ce prix ; d’autres villes françaises ont tenté le pari et se sont engagées dans de tels jumelages.
Par ailleurs, nous nous demandons si le choix de la ville d’Akko est le plus pertinent et nous nous interrogeons sur les critères qui ont présidé à ce choix. A notre connaissance, l’association Cités-Unies France, qui a vocation à proposer des jumelages entre villes sur des critères objectifs, n’a pas été saisie.
Par ailleurs, Akko, qui est une ville de 53 000 habitants (deux fois plus importante donc que Saint-Mandé), est déjà jumelée avec La Rochelle avec laquelle elle présente de nombreuses similitudes : villes fortifiées au riche passé historique, ouvertes sur la mer et qui ont la même importance démographique.
Ensuite, l’argument de la multiculturalité est irrecevable lorsque l’on sait comment est traitée la minorité arabe israélienne dans cette ville ; citoyens de seconde zone comme dans les autres villes "mixtes", en fait comme dans tout Israël, cette population est en butte à des discriminations de l’Etat et de la municipalité : des budgets plus restreints, des services d’éducation moindres, des habitations plus pauvres, des quartiers surpeuplés. Et dans la vieille ville d’Akko, ces politiques municipale et nationale, sous couvert de rénovation et de mise en valeur des quartiers, tendent à convaincre les habitants arabes de quitter leurs maisons afin d’être relégués ailleurs. Les représentants de cette communauté subissent ainsi des discriminations qui remettent en question leur existence et leur avenir, entraînant un sentiment profond de frustration, d’injustice et d’impuissance.
La cohabitation est tellement difficile qu’elle a entraîné en octobre 2008 de très violentes émeutes entre les communautés arabes et juives, radicalisées par les extrémistes religieux des deux bords.
C’est une des raisons qui nous font refuser ce jumelage, en tout cas s’il n’est pas assorti d’un autre jumelage avec une collectivité palestinienne.
Nous savons que la société israélienne est traversée par le doute et que tous les Israéliens ne se reconnaissent pas forcément dans la politique absurde et dangereuse de leur gouvernement. Nous savons combien est riche l’expression artistique en Israël, que ce soit le cinéma, la littérature, la musique, etc. Nous savons que nombre de ces artistes et intellectuels sont honnis par le gouvernement parce qu’ils révèlent à la face du monde des vérités dérangeantes, et qu'ils sont pourtant l’honneur et la conscience de ce pays qui doit cesser de s’aveugler sur lui-même. Ce sont eux, associés à des artistes palestiniens, que la ville de Saint-Mandé devrait promouvoir dans une démarche de dialogue et de longue marche vers la paix.

Geneviève Touati, Benoît Ains, Brigitte Arthur et David Gréau
Tribune publiée dans Saint-Mandé Infos n° 162 (juin/août 2010), p. 48-49

mercredi 12 mai 2010

L'échec d'une opération de communication: la charte du savoir-vivre à Saint-Mandé

154 : tel est le nombre de Saint-Mandéens qui ont répondu au questionnaire destiné à l’élaboration d’une nouvelle charte du savoir-vivre à Saint-Mandé. Les trois ateliers comme la réunion de synthèse n’ont réuni tout au plus qu’une soixantaine de personnes à chaque fois, en ce compris les élus présents…
L’ampleur de ce désintérêt ne peut qu’interpeler. Les Saints-Mandéens ne sont pas plus individualistes ou indifférents que le reste de la population, et l’information largement diffusée. Si nos concitoyens n’ont pas participé, c’est que pour nombre d’entre eux ils ne sont pas sentis concernés, estimant qu’en tout état de cause leur parole ne serait pas prise en compte. Or cette impression est loin d’être fausse quand on constate la difficulté pour les élus d’opposition que nous sommes à faire avancer des dossiers sur lesquels il existe pourtant un vaste consensus parmi les Saints-Mandéens.
Nous ne reviendrons pas sur l’aménagement de l’avenue du général de Gaulle : plus de dix ans d’intervention pour obtenir que soient inscrites au budget de 2010 des études sur la question ! Que n’ont-elles été décidées plus tôt ? Nombre de demandes faites par des associations de parents d’élèves ne sont pas satisfaites. Si nous avons obtenu que le quotient familial soit appliqué pour les séjours organisés par la Maison des marronniers, il ne l’est toujours pas pour la restauration scolaire et les activités proposées par la ville. Nombre d’habitants se plaignent d’une montée de l’incivisme dans notre commune et ce, sans se sentir écoutés. Et ce n’est pas la vidéo-surveillance, sur laquelle nous avons toujours été réservés, qui peut apporter une solution à ce problème. Mais ce ne sont là que quelques exemples.
Dans le dernier BMO, nous rappelions notre souhait de voir mettre en place des conseils de quartier, institutions qui permettent de créer du lien social et de faire de chaque habitant un acteur de la vie de son quartier et de sa ville. Les raisons du refus de la majorité municipale d’instaurer ces conseils demeurent ignorées sauf à considérer que, comme pour celui d’installer des panneaux de libre expression, elle n’entend pas voir s’installer à Saint-Mandé une réelle démocratie locale.
Il ne faut pas dès lors s’étonner que cette opération d’une nouvelle charte du savoir-vivre à Saint-Mandé ait rencontré si peu d’écho.

Geneviève Touati et Benoît Ains, élus socialistes
Tribune publiée dans Saint-Mandé Infos n° 161 (avril/mai 2010), p. 50